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Assurance au comportement : bonne ou mauvaise idée ?

santiane assurance au comportement bonne ou mauvaise idéeLe business model de l’assurance repose sur une bonne évaluation statistique des risques. Aujourd’hui, avec les objets connectés, il est possible de mieux mesurer ces risques en trackant le comportement des assurés : en enregistrant par exemple les habitudes de conduite d’un assuré pour estimer son risque d’accident, ou son état de santé pour évaluer son risque de maladie. Avec, à la clé, la possibilité d’identifier « les clients qui vont coûter cher » à l’assureur en fonction des données récoltées.

Quels bénéfices peut-on tirer de l’assurance au comportement ? Quel est le côté obscur d’un tel modèle ? Santiane.fr a fait le point.

L’assurance au  comportement, un modèle gagnant-gagnant

Generali a récemment lancé en Allemagne Vitality, un produit d’assurance santé qui permet d’obtenir des réductions en fonction de son niveau d’hygiène de vie. Le produit sera lancé en France début 2017, dans le cadre de contrats de mutuelle d’entreprise.

Le principe : plus vous prenez soin de votre santé, plus vous bénéficiez d’avantages, tels que des bons de réduction auprès de partenaires « healthy » (marques de sport, de voyage, d’alimentation saine, de produits pour arrêter de fumer ou perdre du poids…). En Allemagne, les avantages vont plus loin : l’atteinte des objectifs santé peut donner droit à une réduction sur la cotisation.

Un système qui parait gagnant-gagnant : l’assureur, en encourageant les bons comportements, réduit le risque et donc potentiellement le montant des indemnisations qu’il devra verser à l’assuré. Quant à l’adhérent, il améliore sa santé, et gagne plus d’argent.

Risques et dérives de l’assurance au comportement

Néanmoins, ce type de contrat génère beaucoup de critiques et de craintes en France, où l’on est traditionnellement très prudent dès lors qu’il s’agit de données personnelles et de surveillance.

En particulier, le Collectif Interassociatif sur la santé (CISS) dénonce plusieurs dérives possibles :

  • Une discrimination des assurés : avec un tel système, les « bons élèves » de la santé paieront moins que les autres. Or, il est de manière générale plus facile pour les populations déjà favorisées de vivre « healthy » : acheter des fruits et légumes (qui coûtent cher), faire du sport (il faut bien payer l’abonnement à la salle de sport !),… En allant plus loin, on peut donc imaginer que ce seraient les populations les plus défavorisées qui à terme payeraient le plus cher pour être assurées.
  • Une intrusion dans la vie privée et une utilisation problématique des données. Où vont aller toutes les données collectées sur les assurés ? Pourraient-elles être revendues à des tiers ? Dans le cadre d’une mutuelle d’entreprise, comme c’est le cas pour Generali Vitality, l’employeur pourrait-il accéder aux données de ses salariés ?

Le sujet prendra de plus en plus de place dans les débats publics : mutation du rôle de l’assurance, limites de l’utilisation des données personnelles, protection des données… il faudra probablement donner un cadre légal à toutes ces problématiques. Car ce n’est que le début : à l’étranger, les modèles d’assurance au comportement se développent  avec un certain succès.

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